Archives Mensuelles: juin 2015

Sacrée Poursuite !

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Ce Mercredi 10 Juin, contre toute attente, l’avion est bien arrivé en un seul morceau (avec moi dedans) à Sofia. Sans doute ma survie fut-elle dûe au don du pilote qui était en réalité UNE pilote (si on oublie son accent anglais coupé au couteau bulgare) ? MOUAHAHAHAHAAA !!!
Traite de sottise ! C’est donc un tantinet larmoyante que j’ai bravement donné la saluade à ma gentille Focus et ma gentille Todète avant d’embarquer à Charleroi, avec la certitude de finir mes vieux jours plus tôt que prévu dans un crash aérien en plein dans les montagnes. L’avion a tenu bon malgré tout et le vol a duré presque 4 heures. Et grâce à mes deux voisines avec lesquelles j’ai un peu communiqué : une Slovaque qui parle heureusement anglais et sa belle-maman Bulgare, j’ai pu un peu me détendre. J’ai donc touché le sol Bulgare vers midi (en Bulgarie il y a 1 heure de plus qu’en France).

Prêt à décooolleeeer !!!

Prêt à décooolleeeer !!!

En pleine prière pour ne pas qu'on s'écrase

En pleine prière pour ne pas qu’on s’écrase

Terre, Terre !!!

Terre à l’horizon !!!

 

Une fois l’avion à l’arrêt sur la piste, une navette est venue me chercher (ainsi que tous les autres passagers, hélas je n’ai pas voyagé en mode solo) pour éviter que des avions nous percute violemment involontairement. Enfin ça, c’est mon explication. Sans doute y’en a-t-il une seconde.
Une fois dans le hall, il y a eu un checking de l’identité de chaque passager étant donné que la Bulgarie ne fait pas partie de l’espace Schengen. Et je peux vous dire que les Bulgares, dont c’est le boulot, ne respirent pas la joie de vivre du tout. Il y avait tout l’avion qui faisait la queue, mais 3 guichets, donc ça avançait quand même plutôt vite. Dans la file d’attente, mes 2 voisines d’avion m’accompagnent. Mon tour arrive, je tente un petit « Hello ! » avec un sourire en donnant ma carte d’identité. Aucune réaction de la part de R2D2 qui ne prend même pas la peine de sourciller et qui me rend ma carte un quart de seconde plus tard en oubliant, je suppose, toujours de répondre à mon « Goodbye ».
Mais c’est pas grave parce que … CA Y EST JE SUIS OFFICIELLEMENT EN BULGARIE !!!!!! 😀 😀

J’ai donc franchi symboliquement la frontière !!!!
Il me reste à récupérer mon sac-à-dos de 16 kgs après avoir dit au revoir à mes voisines. En attendant qu’il arrive, je discute très brièvement avec une fille qui attend aussi son sac et qui a un parfait accent anglais (normal, elle est anglaise !). Elle m’apprend qu’elle est venue avec des amis, posés à quelques mètres de nous, pour un festival de musique à Sofia qui a lieu de Mercredi à Dimanche. Elle me demande si j’y vais aussi. Hélas non ! Après le festival, elle part 2 semaines au Japon en mode aventurière.
Mais le temps presse et j’ai mon premier bus à prendre à la station de bus de Sofia. Je file retirer mes premiers/ères (?) leva au distributeur puis je vais commander un taxi, tout ça dans l’aéroport. Le joli garçon du guichet me donne un ticket et m’explique en anglais que les 2 numéros inscrits dessus correspondent à un taxi bien précis qui portera ces mêmes numéros visibles de l’extérieur. Je me dirige vers la sortie qu’il m’indique et j’attends que le taxi arrive.

Billets en Leva 1 euro = 1.9 Leva

Billets en Leva
1 euro = 1.9 Leva

PARTIE 1 : L’aventure commence

A peine le temps d’être dehors qu’un homme vient me voir et me dit que c’est lui. Et là, TOTALE INCOMPREHENSION ! Parce que j’avais lu sur internet qu’à la sortie de l’aéroport il y avait des soit disants chauffeurs de taxi qui viennent à la rencontre des voyageurs mais qui sont en réalité des faux taxi et donc ils font payer plus cher le trajet.
Persuadée qu’il faisait partie de la racaille de Shangaï, je refuse de monter dans son taxi. Mais il insiste plusieurs fois et finit par me montrer que le numéro de sa plaque d’immatriculation (et non de sortie de prison) est identique à celle de mon ticket. OKAY, je viens juste de me taper la honte depuis 5 minutes x) Ses potos chauffeurs qui ont assisté à toute la scène me regardent méchamment, ou peut-être était-ce ma beauté qui les aveuglait, tout en parlant avec mon chauffeur en bulgare. Je suppose fortement qu’ils étaient en train de m’insulter. Mais bon, encore une fois, pas le temps de prendre le volant et de rouler sur 2 ou 3 d’entre eux.
Je monte donc dans le taxi, et m’excuse platement du malentendu. Le chauffeur parle un peu anglais et me dit que c’est pas grave =) Puis on parle de choses et d’autres. Sur la route je vois 2 enfants « Bulgarian Gypsy », comme on les appelle ici, sur une charrette, chacune tirée par un cheval. WTF ?! Apparemment c’est courant et ça ne choque personne. Par contre comme en France, ils ne sont pas bien vus du tout et sont considérés comme étant des voleurs (pas spécifiquement ces 2 enfants, puisqu’en France ils roulent en Mercedes ^^). Au bout de 15 mn de trajet (et de 17 leva), j’arrive à la station et dit gentiment au revoir au gentil Monsieur qui sans doute a dû créer une poupée vaudou à mon effigie dès la nuit tombée.

PARTIE 2 : Un p’tit tour et puis s’en vont

Avant de mettre les voiles, mon chauffeur m’explique que je dois acheter mon ticket de bus à l’intérieur de la station. Il est presque 13h, le trajet doit durer 4 heures et le dernier bus de mon deuxième trajet part à 18h. Ni une ni deux, je m’exécute. Enfin j’essaie. Premièrement parce qu’avec mon sac c’est la galère, et puis surtout parce que c’est écrit en Bulgare, et que les Bulgares ont un alphabet particulier impossible à comprendre si on n’a pas déjà un peu étudié la langue auparavant. Ce qui n’est, bien sûr, pas mon cas.
Je trouve un grand Monsieur avec sa valise dans le hall qui a l’air sympathique, je lui demande quel guichet (il y en a genre 6) mène à la ville où je dois aller. Il regarde si le nom de la ville est indiqué parmi les autres noms inscrits sur le devant de chaque guichet. Il m’en trouve un (de guichet) où c’est le cas. MAIS moi j’avais vu sur internet que seulement 2 compagnies déposaient dans le centre même et après avoir mémorisé l’écriture qu’il vient de me montrer, je trouve une de ces 2 compagnies.
J’explique ce que je veux en anglais à la dame sur laquelle je tombe. Bien sûr, elle pige un mot sur 5. J’arrive quand même à obtenir le bon ticket et à comprendre que le prochain bus est à 13h30. Ouf, je n’aurais pas à attendre ! Le ticket coûte 20 leva (10 euros).
Je sors pour me mettre devant le bon numéro d’arrêt de bus. Puis parce que sur les sites que j’avais regardés, le prix me semble un peu cher, je demande à une personne de sexe masculin, (il n’y a qu’eux qui ont l’air compatissants) qui attend devant le même arrêt que moi, si son ticket a le même prix. Le sien est un peu plus cher que le mien parce qu’il fait un plus long trajet que moi. Donc tout va bien !
J’ai vraiment l’impression que les autres personnes qui attendent avec nous me fixent… Remarque, les blackos, ça n’a pas l’air de courir les rues en Bulgarie ! S’ils sont comme Todètes et Bobido, ils doivent sans doute croire qu’à chaque coin rue ils risquent d’y passer, et que la seule solution pour éviter les tirs de kalachnikov est de ramper sous les voitures.
Par contre, en arrivant à la station de bus, il faisait étouffant. Moi qui étais partie avec un gilet d’hiver et une écharpe le matin même, j’ai eu un aperçu de ma future ménopause.
Le bus était déjà garé, mais son chauffeur devait avoir une diarrhée aiguë vu le temps qu’il a mis à arriver. Donc après un certain délai, me voilà dans le bus, avec mon nouveau pote Bulgare qui prend place à côté de moi. Encore une fois, l’anglais n’est pas son fort. Mais il a une tablette tactile donc on se traduit tour à tour sur google ce qu’on veut dire. Je lui explique que je viens en Bulgarie pour visiter et que le premier endroit où je résiderai est un écopark perdu dans les Balkans et que je dois prendre un autre bus à la suite de celui-là. Il checke les horaires et les prix pour mon deuxième bus. Le dernier est à 18h30, et non pas à 18h comme j’avais pu trouvé sur un blog et coûte 3 leva. J’ai l’infime espoir d’arriver à le prendre vu que le bus roule à 2 à l’heure. Il me demande aussi le numéro de téléphone de mon hôte, Maya, pour l’appeler directement avec son téléphone. Il me la passe et elle me donne le nom précis de l’arrêt de bus  où elle viendra me chercher.
Mais j’ai le temps ! Sérieusement je n’ai jamais pris un bus qui roulait si doucement ! Quant à l’état des routes, c’est vrai que c’est pas terrible. Mais bon, avec un chauffeur qui roule à la vitesse d’un tricentenaire aveugle, au moins les secousses sont limitées !
Le trajet dure en fait  un peu plus de 3 heures. Le chauffeur fait une pause à ce que je pense être Veliko (la ville où je dois changer de bus) donc tout le monde descend. Mon pote Bulgare se fait la malle je ne sais pas trop où sans explication, me laissant dans la perplexité la plus totale, avant de revenir 5 minutes plus tard en embarquant mon sac à dos avec lui et en me disant de le suivre. EN FAIT IL ETAIT PARTI APPELER UN TAXI POUR MOI !!! Il lui explique en Bulgare que je dois aller dans une autre station pour prendre mon deuxième bus, me salue, et repart dans l’autre sens pour retourner vivre sa vie. Un amour de Bulgare !!

Dans le bus de Sofia à Veliko

Dans le bus de Sofia à Veliko

PARTIE 3 : Gare au gorille

Me voici donc dans mon deuxième taxi. Le chauffeur s’appelle Alexandrov, le seul prénom bulgare de la journée que je retiendrai. A peine nous démarrons qu’il me propose de me conduire directement à l’écopark, parce qu’en taxi ça met 30 minutes alors qu’en bus ça met 2 heures (et non 1 comme j’avais pu voir). J’ai vraiment la flemme de refaire 2 heures de bus et après avoir vérifié ses tarifs (il propose de me faire une réduction), j’accepte. Je lui explique ce que je vais faire à l’écopark, il me demande le numéro de Maya et l’appelle directement pour avoir son adresse.
Quelle décision j’ai prise ! x) Tout le long du trajet j’ai eu envie de passer ses vitesses à sa place. Etonnant d’ailleurs qu’il ait gardé sa boite à vitesse. En plus de ça, comme avec mon premier taxi, il faisait limite du pare-choc contre pare-choc avec les voitures qui étaient devant nous. Mais Alexandrov rit à mon humour, alors je le porte malgré tout dans mon coeur ^^
Quand j’étais dans le bus, il y a eu un très gros orage, et quand je suis descendue à Veliko, il venait tout juste de passer. Donc sur la route il y avait d’énoooormes flaques d’eau par endroit. Mais c’est comme si Alexandrov  avait oublié l’existence de sa pédale de frein (peut-être qu’en Bulgarie les taxis en sont dépourvus).
Nous quittons donc Veliko à toute vitesse et nous nous retrouvons assez vite dans la campagne, et plus précisément dans la montagne. A un moment, un camion nous devance. On n’a pas trop de visibilité, il y a les flaques et il y a des trous partout sur la route. Ce qui n’empêchera pas Alexandrov d’être pied au plancher, de doubler le camion à 2 millimètres de lui sans voir si en face arrivait une voiture et en frôlant la barrière de sécurité sur la gauche. J’ai vraiment cru rejoindre les Dieux de l’Olympe ! Tandis que lui restait imperturbable et continuait de me parler x)
Après avoir eu la frayeur de ma vie, j’arrive saine et sauve à l’écopark vers 17h30 pour la modique somme de 35 leva.

Avec Alexandrov

Avec Alexandrov

Alexandrov échange quelques paroles avec les 2 femmes qui m’accueillent et repart effrayer la population locale par sa conduite quelque peu auto suicidaire.
Mais pas de Maya en vue. Une des deux femmes parait avoir dans la trentaine et m’explique qu’elles vont me montrer ma chambre. Nous traversons et quelques mètres plus loin j’aperçois mon humble demeure. Et là, TROP CA-NON ! Ma chambre est en fait dans une « guest house ». J’avais toujours cru que j’aurais à partager ma chambre avec un(e) ou plusieurs autres bénévoles. Mais en fait pas du tout en réalité, puisqu’il s’avère que je suis la seule et unique volontaire pour le moment (d’autres volontaires étaient là auparavant mais parfois ils arrivent au compte goutte). J’ai donc l’étage de ma guest house, qui comprend 4 autres chambres et une salle de bain, pour moi toute seule. Chouette ! 😀 Elle est petite mais vraiment cosy. Elle se compose de 2 petits lits une place, d’une petite télévision, d’une lampe de chevet, d’une chaise, d’une commode avec un tiroir, de 2 petites étagères et de 2 micro fenêtres avec vue sur la piscine (eh ouais ! 😎 ) et sur la deuxième guest house. PAR-FAIT !

Je déballe mes affaires, prends le temps de souffler, et réalise enfin tout le chemin que j’ai parcouru. Moi, qui faisais encore il y a 4 ans 3 à 4 crises d’angoisse par jour, je suis venue toute seule en Bulgarie, avec l’intention de visiter 3 ou 4 autres pays d’Europe de l’Est ! Ce qui me rend plutôt fière de moi, d’autant plus que les  personnes qui m’ont vraiment prise au sérieux et qui m’ont poussée à réaliser mon projet sont vraiment peu nombreuses. =)
Après avoir fait le point sur ma vie pendant 6 secondes, je me rends à l’endroit où Alexandrov m’a déposée. Il y a environ une dizaine de personnes, dont Pepa et Nickie (je traduis phonétiquement) qui m’ont accueillie quelques minutes auparavant. En parlant avec Pepa, qui parle anglais en roulant les « r » telle la parfaite mafiosa italienne qu’elle n’est pas, j’apprends qu’à l’endroit où nous sommes, avec les autres personnes, c’est spécialement conçu pour les invités qui sont donc déjà présents. Ce sont presque tous des artistes qui souhaitent profiter des quelques jours de repos tout en peignant des tableaux pour exprimer leur talent.
Mais je leur donne tous entre 35 et 50 ans. Pas vraiment la moyenne d’âge que j’espérais ^^ Mais se distingue parmi ces invités, Midko, un joli garçon Bulgare de 25  (non il n’a pas de dreads :p)  avec lequel je me noue très rapidement d’amitié. On passe un petit bout de la soirée ensemble. Enfin quelqu’un qui parle correctement anglais !!! 😀 Il m’explique que les artistes qui sont là paient pour séjourner dans leur guest house à eux. Mais le problème c’est qu’en essayant de faire connaissance avec eux, je me rends compte qu’ils sont presque tous Bulgares et qu’ils parlent uniquement cette langue x)

Puis vient l’heure de dîner, tant mieux, j’ai les crocs ! Nickie est en fait une des deux cuisinières de l’écopark, et elle m’apporte 2 grosses assiettes et le dessert, d’une part des concombres et des tomates, d’autre part d’œufs brouillés et le dessert n’est autre qu’une crêpe avec de la confiture de fraise. Que demander de plus ? =) Mais je dîne seule à l’intérieur, je suppose que les autres ont déjà mangé (j’apprendrai plus tard que j’ai été servie avant tout le monde parce que j’avais fait un long voyage =)).

Mon repas d'arrivée

Mon repas d’arrivée

Les 2 guest house. Moi j'étais dans la deuxième, celle du fond

Les 2 guest house. Moi j’étais dans la deuxième, celle du fond

La piscine entre les 2

La piscine entre les 2

Vue de ma guest house

Vue de ma guest house

Nickie est vraiment LA cuisinière. Tout ce que ses mains touchent se transforment automatiquement en quelque chose de délicieux . Je ne suis capable que de lui dire « merci » car c’est la seule chose qu’elle comprend en Français et que je sais dire en Bulgare ^^ (j’ai aussi appris le soir même à dire eau « voda », oui « da », non « né » et fromage « siréné » sachant qu’ils roulent tous les r, mon apprentissage est toujours en cours).

Après avoir mangé pour les 3 mois à venir, Midko rentre chez lui (au bout du village) et je pars me coucher car le lendemain je passe aux choses sérieuses.

8 heures de transport, une grosse frayeur, un aperçu de la relation anglais-Bulgares, quelques personnes rencontrées vraiment adorables, et une TRES GRANDE bonne fortune !

Tout ça, sans AUCUNE crise d’angoisse ! 😎

#welcometomylife !